Tribune libre

Ajouter à vos favoris

 

Violence sociale : le gouvernement remet en question l'égalité de l'accès aux soins pour tous.

 

Sous prétexte d'une mesure sociale, dans un contexte pré-électoral, le ministre de la santé Marisol Touraine continue de saper le système de santé français :

Elle a le projet imminent d'imposer de façon unilatérale le tarif des soins bucco-dentaires et le plafonnement des prothèses, sans cohérence avec les coûts réels de leur fabrication et réalisation.

Ces tarifs sont déjà actuellement les plus bas d'Europe,  et leur plafonnement mettrait directement en danger la rentabilité des cabinets dentaires français: obligation de réduire le temps passé à la réalisation de l'acte, achat de matériels et prothèses asiatiques, diminution de la qualité, voire faillite pure et simple des cabinets, au profit des centres bon marché gérés par les financiers dont on connaît les pratiques scandaleuses...

N'ayant plus de travail, les laboratoires de prothèse dentaire français fermeront, et non seulement la filière dentaire sera sinistrée avec une perte sèche de 45 000 emplois, mais il en résultera une inégalité de l'accès aux soins et l'évolution vers un système de santé à 3 vitesses :

- pour les plus démunis, une possibilité d'accès aux soins de base articulée autour de structures gérées par des associations humanitaires ou des centres hospitalo-universitaires.

- pour le plus grand nombre, des centres de soins gérés par les organismes mutualistes auxquels ils sont affiliés de force en raison du contrat d'entreprise qui prévaut depuis le 1er janvier 2016; ou pire des cabinets individuels inféodés à ces mêmes mutuelles, et dans les 2 cas la fin du libre choix du praticien par le patient, quels qu'en soient les critères. 

- pour les plus fortunés,  des cabinets libéraux aux prestations haut de gamme, déconventionnés c'est à dire fonctionnant hors du cadre de la Sécurité sociale, libres d'appliquer les honoraires qu'ils souhaitent, sans que les patients puissent bénéficier de remboursement. 

Le gouvernement se trompe de direction et remet en question l'égalité de l'accès aux soins pour tous.

Le signal envoyé est même très négatif car il sonne le glas des professions libérales. 

La prévention et la responsabilisation des patients comme acteurs majeurs de leur propre santé est l'axe principal sur lequel nos dirigeants politiques doivent se focaliser.