Non à une super intercommunalité Metz-Thionville

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Non à une super intercommunalité Metz-Thionville

 

Les superstructures en vogue ont pour vocation de détruire les anciennes institutions et les territoires auxquels elles sont rattachés, au profit de l'idéologie du sans frontiérisme, du déracinement et de la rupture identitaire et démocratique.

 

Il est question depuis quelques semaines de la création d'une grande intercommunalité couvrant tout le Nord de la Moselle, de Metz à la frontière luxembourgeoise: de nombreux notables mosellans semblent y adhérer, faisant comme toujours valoir la « visibilité », la nécessité de « se rassembler pour être plus forts », ou autant de formules creuses.

Comme nous le rappelions dans un précédent communiqué, il y a actuellement une mode des superstructures: super commune, super intercommunalité, super région, super Etat, certains croyant que nous serons plus forts en étant plus gros. Si cela est parfois vrai, ça ne l'est pas systématiquement, et des alliance et structures contre nature ne peuvent que nous affaiblir, à partir du moment où elles ne s'appuient pas sur une réalité solide et enracinée : ce n'est pas en enchaînant et en caporalisant des hommes qu'on rend un groupe plus fort.

La réalité est que les communes ont de moins en moins de pouvoir, alors que c'est l'instance démocratique la plus proche des citoyens, que le maire est la figure politique la plus respectée. En faisant les intercommunalités, puis des super-intercommunalités, les communes perdent des pouvoirs, le pouvoir s'éloigne des citoyens, pour se mettre dans on ne sait quelles mains.

Cela vient de plus faire grossir le mille-feuille territorial, déjà gras et consommateur d'argent public ; les pouvoirs d'une telle structure viendrait de surcroît faire doublon à la fois avec les pouvoirs de la commune et du département. Il n'y a aucun intérêt à avoir un tel échelon intermédiaire qui viendrait tout court-circuiter.

Ce projet n'est finalement qu'un vaste projet de communication : que va apporter cet échelon ? Va-t-il ramener les usines et les emplois, lutter contre la disparition des services publics ? Il y a déjà l'Etat, le département et la commune, dont les attributions couvrent la totalité des problématiques d'un territoire.

Il faut que les communes, l'Etat et le département fassent leur travail en menant une politique efficace. Ce sont leurs absences qui font que des problèmes apparaissent, que d'autres échelons essayent de récupérer et font croire de pouvoir résoudre. Les problèmes actuels ne peuvent se résoudre qu'avec l'organisation existante, purgée de ses absurdités créées pour quelques petits barons locaux. L'insécurité se gère au niveau de l'Etat et de la commune, les services publics au niveau du département, de la commune et de l'Etat, la concurrence déloyale au niveau de l'Etat, etc.

Notre pays ne souffre pas d'un manque d'instances, il souffre d'un manque de volonté et de mauvais choix prix à tous les niveaux de décision. Il faut restaurer la volonté politique par le biais des institutions existantes et reconnues et non les dynamiter à petit feu, car le risque est de les décrédibiliser et de plonger le pays un peu plus dans le désordre et la misère. Tout développement économique et social nécessite un ordre politique. Quel est le projet fou de demain ? Une super-intercommunalités/super région à cheval sur 2, 3 ou 4 pays, au détriment de la souveraineté et de l'identité françaises ?